La fille et son papa


3 avril 2018 Facebook Twitter LinkedIn Google+ Les enfants


papa et sa fille

La fille à papa ne l’est jamais plus que pendant sa phase oedipienne. Elle lui fait les yeux doux mais nous range au rang de mauvaise sorcière. Cette période pénible à vivre demande beaucoup de patience et surtout de psychologie.

Le complexe d’Œdipe au féminin, c’est le complexe d’Electra. Dans la mythologie grecque, Electra demande à son frère de tuer sa mère pour venger son père. La colère qu’éprouve notre petite fille vis-à-vis de notre personne n’ira certes pas jusque-là mais se manifestera verbalement. Elle peut aussi refuser de nous parler ou nous abaissera constamment.

A la conquête de papa !

Notre petite s’est transformée en véritable chipie ces derniers temps, elle nous empêche de nous asseoir à côté de son papa, joue avec notre maquillage, déambule dans la maison avec nos chaussures… bref, elle nous rend la vie impossible.

Son but ultime, c’est de conquérir son papa et de nous détrôner. Pour elle, c’est un dieu, il peut tout faire et là l’imagination joue son rôle. Son papa, c’est un super héros qui peut absolument tout réussir, elle le voit touchant les nuages lorsqu’il raconte son voyage en avion.

Le plus dur, ce sont les invectives qu’elle nous lance et qui peuvent nous blesser. Surtout ne pas entrer dans son jeu ! Car pour elle, tout se passe au niveau du subconscient, elle comprend mal les sentiments qui l’animent. Dans notre colère, nous pouvons lui dire des choses que l’on reproche à son papa. Elle se positionnera alors comme une avocate et nous considérera avec encore plus de mépris.

Approfondir la relation père-fille

Que papa soit devenu le référent de notre chipie nous ravit et surtout nous soulage mais on reste ferme sur notre position. Papa, c’est le mari de maman. On ne s’abandonne pas à la facilité en le laissant tout faire et tout dire mais on profite de cet attachement éphémère pour respirer un peu. C’est l’occasion d’approfondir la relation père-fille et d’établir un dialogue qui durera toute une vie.

Le papa flatté dans son ego cède quelquefois aux caprices de notre petite fille. En agissant ainsi, il lui donne l’espoir d’une éventuelle relation amoureuse. Notre petite fille multipliera les actes de désobéissance dans cette phase et pour ne pas être constamment cataloguée comme la « méchante », papa et maman lui expliqueront ensemble pourquoi elle est punie.

Pour éviter les malentendus, on se met d’accord sur les limites à observer et les répartitions des tâches : papa lui lira une histoire après que maman lui a donné le bain.
Et afin d’éviter le chantage « je le dirai à papa », on lui fera bien comprendre que si maman lui reproche quelque chose, papa est d’accord et inversement.

Pour qu’une enfant puisse bien vivre sa féminité en grandissant, il est essentiel que son père reconnaisse celle-ci. Une petite fille accorde beaucoup d’importance aux paroles du père, le premier homme de sa vie. S’il affirme qu’elle est effectivement une future femme mais qu’elle ne pourra jamais devenir sa femme, notre petite fille se mettra en quête du prince charmant quand l’heure sera venue. Nier le fait qu’elle soit une fille peut entraîner des troubles dans sa vie sexuelle, plus tard. Pour bien passer le cap oedipien, l’idéal est de lui rappeler avec finesse qu’un jour elle finira par trouver le prince charmant grâce à ses qualités et sa féminité.

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